tresses (33)
culture
salle polyvalente
maison des services
office de tourisme
salle polyvalente
relais assistance maternelle
antenne sociale
construction neuve
lauréats 2018 – non-réalisé
Lors de cette journée de présentation du programme de la future salle polyvalente de Tresses, village de l’Entre-Deux-Mers en Gironde, nous avons arpenté ce superbe site de la Ferme du Mares. La première et bonne surprise vient du paysage, dépourvu de constructions, si l’on excepte le chai et la demeure de maître convertibles en musée. Le relief est légèrement vallonné, avec de magnifiques arbres séculaires, des champs ouverts et un cours d’eau propice à la culture du cresson. Nous nous trouvons plus précisément entre la Dordogne et la Garonne, un terroir sur les coteaux duquel une vigne ancestrale se plaît à mûrir, bien drainée et idéalement exposée aux éléments. Concevoir et construire un édifice culturel en un tel endroit, qui respire autant la sérénité, le bien-être et l’harmonie avec la nature, nous enthousiasme profondément. Non loin, Bordeaux, capitale de la Grande-Aquitaine, brille de tous ses feux en connaissant depuis des années un développement urbain, économique et culturel sans précédent. Tresses, toute proche, se désire à son tour lumineuse, autonome, et ambitionne un nouvel équipement culturel. Nous affectionnons aussi la lumière, qui joue un rôle structurant dans toutes nos conceptions : alors ce projet sera rayonnant, tel un luminaire moderne éclairant ce paysage admirable…
Au sommet d’une colline
De retour à l’atelier, deux axes de travail se dégagent déjà : d’une part, la certitude de positionner l’ouvrage au sommet de la colline pour en faire un point de repère dans le paysage. D’autre part, et en connexion avec cette première intention, la nécessité de réaliser ce futur bâtiment en un volume lumineux, transparent et traversant afin, aussi, de profiter du panorama depuis l’intérieur.
Commençons à expliciter notre première direction, celle qui définit orientation et implantation. Si les clochers d’églises et les châteaux d’eau rythment déjà verticalement ce relief, faire émerger un autre repère signifiant nous semble important. Ces ponctuations, toutes différentes et singulières, ordonnent et identifient les lieux. Une architecture emblématique est un moyen fort de représentation pour les villes, qui réunissent pour certaines un panel de bâtiments « phares », identifiables et iconiques. Si l’édifice public accomplit ce rôle symbolique, son architecture doit répondre également à des besoins concrets : organiser confortablement les événements et assurer le développement culturel des habitants. L’implantation au sommet du coteau a été dictée par notre expérience physique du lieu, en passant par l’allée des platanes, dans l’axe du chai et de la maison de maître. Ces deux bâtisses participent de fait à notre « périmètre » de réflexion, l’accès à la salle doit prendre en compte leur distribution.
La question de l’orientation se pose dans la foulée de celle de l’implantation. Comment conjuguer un accès depuis le centre bourg à l’est et une orientation à l’ouest, plus favorable, car les activités se tiennent essentiellement en fin de journée et en soirée ? Par où entrer ? Le monde de la vigne et ses méthodes de culture nous reviennent : plantons donc ce projet selon le principe d’alignement en sillons dans le sens du coteau, d’est en ouest. Les vues y seront drainées avec justesse vers le paysage, comme l’air et l’eau au pied des vignes. Le procédé constructif aura des lignes fortes orientées est-ouest, avec des pignons ouverts aux deux extrémités, soit la mise en place d’une double orientation.
Lumineux, transparent et traversant
La construction formulera de manière évidente sa raison d’être : au premier coup d’œil, on doit la percevoir et l’assimiler à la culture. L’esprit des Lumières, de la connaissance et de l’éducation se traduit et se formalise ici en toute modernité. Ce bâtiment pourra être un cœur battant, d’où émaneront des ondes bienfaitrices, et sa lumière oscillera en fonction des événements. L’ensemble bâti en « lignes » translucides prend la forme d’un trait lumineux la nuit, scintillant au soleil le jour, et fantomatique dans un brouillard d’hiver. Ce trait se veut accent, une ponctuation sur le haut du coteau – il désigne cette augmentation d’intensité propre aux actions culturelles. L’environnement permettra de profiter de grandes ouvertures sur l’extérieur pour donner accès à l’éclairage naturel. Elles seront privilégiées notamment pour les espaces d’animations et d’activités et pour le hall d’accueil. L’espace de réchauffage et les loges bénéficieront également d’ouvertures permettant l’accès à la lumière naturelle. Que ce soit en termes d’accès à l’éclairage naturel ou au recours à l’éclairage artificiel, chaque espace nécessite un niveau adapté. Un soin particulier est accordé à l’éclairage artificiel de la grande salle et de la salle d’animation. Il permettra notamment de créer diverses ambiances (gradation) pour s’adapter au type de spectacle, en complément de l’illumination scénique prévue.
L’organisation traversante induite par une structuration en « sillons » orientés est-ouest nous entraîne à ouvrir les façades. De l’intérieur, on admire le centre bourg à l’est et les collines sous un coucher de soleil à l’ouest. Les fonctionnalités peuvent s’organiser en enfilade. L’arrière-scène, la scène, la salle de spectacle, la petite salle se succèdent dans un seul et même volume. Des cloisons amovibles et des rideaux séparent ou bien lient ces espaces. Le volume central a été pensé comme un immense espace praticable et polyvalent de 735 m2, capable de répondre à tout type de spectacles et événements (écoles, bals des anciens, banquets festifs, spectacles vivants…). Exempt de tout obstacle sur une hauteur de 6 mètres libre, il voit ses quatre premiers rangs de gradins encaissés dans une fosse. Les autres sont rétractables, déplaçables et stockables dans un espace dédié. Ainsi la scène peut se prolonger sur l’esplanade d’entrée à l’est et sur la prairie vers l’ouest : ce dispositif est rendu possible par l’usage de deux grandes cloisons acoustiques rétractables. Un spectacle de danse peut s’apprécier au soleil couchant avec la brise légère d’un soir d’été…
Cette ordonnance offre une multitude de combinaisons scénographiques. Le regard traverse ainsi de part en part ce volume lumineux avec la vigne à proximité. Les matières choisies, le polycarbonate et le verre transparents, prolongent ce trans, préfixe qui exprime l’idée de passer d’ici à là, d’être au-delà : ainsi, la lumière intérieure se diffuse à travers la matière. De Tresses à très, à trans, à translucide, à transparent… la cohérence est là !
« De Tresses à très, à trans, à translucide, à transparent…
d’un seul trait ».
Lieu
tresses (33)
Maître d’ouvrage
ville de tresses
Financeurs
région grande aquitaine, ville de tresses, l’Etat
Exploitant
la ville
Architecte
FARIDAZIB
Cheffe de projet
mélanie surjon
Assistante
dhouha hamdi
Économie
BIASI
Structure
OTCE
Fluides, SSI
OTCE
acoustique
GAMBA
PAYSAGE
BASE
images
tijani loussaief
Surface
1 224 m²
Coût
2.75 M² HT
Concours
2018